La rencontre proposée nous invite à faire un pas vers une belle personne que nous ne connaissons pas toujours très bien, que nous critiquons ou négligeons parfois : soi. Un pas vers notre corps, nos émotions, nos besoins, nos aspirations profondes. Cette rencontre avec soi est une étape essentielle sur le chemin de la rencontre de l’autre, que ce soit dans la relation amoureuse ou dans la relation à ses proches et à la communauté. 

« LA QUALITÉ DE LA RELATION AUX AUTRES DÉPEND INTRINSÈQUEMENT

DE LA QUALITÉ DE LA RELATION QUE NOUS ENTRETENONS AVEC NOUS-MÊME. »

FREDERIC LENOIR

Féminin - Masculin ?

Culturellement, les valeurs du masculin sont érigées comme modèle à suivre : la raison, l’intellect, la liberté, la vitesse, la force, la compétition, la stratégie, la vie publique, l’activité permanente... jusqu’à épuisement s’il le faut. De l’autre côté, les valeurs du féminin sont souvent associées à la faiblesse, à l’irrationnel, à l’émotivité, la vulnérabilité, la soumission au rythme du corps… Cette pensée binaire est la même qui nous fait penser le monde en 2 camps opposés : les bons – les méchants, les winners-les losers, nous - les autres.

 

Cette vision sépare et hiérarchise les valeurs du féminin et du masculin et par effet de bord, les femmes et les hommes. C’est ce que l’on nomme patriarcat, c’est-à-dire cette « forme d'organisation sociale dans laquelle l'homme exerce le pouvoir dans le domaine politique, économique, religieux, ou détient le rôle dominant au sein de la famille, par rapport à la femme[1]. ».

 

Or cette forme de domination nous coupe, toutes et tous, de nous-même. 

 

Certaines femmes aujourd’hui ne veulent plus être victimes. Quels choix ont elle ? Rejoindre le modèle dominant, dans la force et la compétition ? C’est possible, mais au bout de cette négation d’une partie de ce qu’elles sont se trouve la souffrance.

 

De leur côté, certains hommes ont été et sont choqués par la violence de leur père, de collègues, de patrons (notamment à l’égard des femmes) et refusent cette masculinité-là, voire culpabilisent et renoncent au pouvoir de leur masculinité… Le drame du patriarcat nous affecte tous. 

« LE PATRIARCAT N’A PAS SEULEMENT OPPRIMÉ LES FEMMES,

IL A AUSSI ALIÉNÉ LES HOMMES D’UNE LARGE PARTIE D’EUX-MÊMES. »

GUY CORNEAU

Dépasser la hiérarchie « féminin < masculin »

Parler du « féminin-masculin », c’est refuser de diviser ou de hiérarchiser ainsi ces principes. Car, ces 2 principes nous les avons tous en nous. Homme et femme, nous sommes porteurs des valeurs du féminin ET du masculin.

 

Physiquement, nous sommes bien différents : nous naissons dans un corps d’homme ou de femme[2].  La première étape de la rencontre avec soi est d’explorer notre polarité initiale. Puis, pour devenir un être humain complet et épanoui, l’exploration consiste à rencontrer l’autre polarité pour, au final, faire l’union en soi de leurs valeurs respectives. 

L’ALLIANCE INTÉRIEURE DES POLARITÉS FÉMININE ET MASCULINE

NOUS PERMET DE NOUS ÉPANOUIR.

 

 Voici un panorama indicatif des valeurs à notre disposition (d'après Valérie Colin-Simard et Jacques Lucas) :

VALEURS DU FÉMININ

Réceptivité

Foyer - Maison - Habitat

Vie intérieure - Vie privée - Intimité

Émotion

Vulnérabilité

Coopération

Egalité

Cyclique

Lois de la Vie et de la nature

Amour

Sécurité

Instant présent

Lâcher-prise

Être

Intuition

Intérieur

Recevoir

Lien

Lenteur

Dépendance

Obéissance

Créativité

Souplesse

Proche

VALEURS DU MASCULIN

Activité

Défense du territoire – Guerre - Conquête

Vie extérieure - Vie sociale - Vie politique

Pensée – Logique - Rationalité

Force

Compétition

Hiérarchie

Linéaire

Règles et lois sociales et politiques

Autorité

Aventure

Plans et stratégies

Contrôle

Avoir

Logique, Raison, intellect

Extérieur

Donner

Liberté

Vitesse

Indépendance

Rébellion

Structure

Rigidité

Lointain


Faire en soi l’alliance du féminin et du masculin

La journée d'ateliers du 28 mars 2020 ouvre une autre voie aux femmes et aux hommes qui ne se reconnaissent plus dans la définition culturelle de ce qu’ils sont censés être. Cette journée invite à réconcilier en soi les valeurs du masculin et du féminin.  Elles sont différentes et se complètent magnifiquement. Aucune n’est supérieure à l’autre. Que serait la création sans le temps de germination ? Que serait la raison sans les émotions[3] ? Que serait une maison sans structure ?

 

Chaque personne, homme ou femme, a en elle ces deux principes. En cessant de les opposer, nous nous autorisons à révéler de nouvelles potentialités en nous. En les assimilant et en vivant la complémentarité nous nous autorisons à exprimer notre vraie nature.

« LA PUISSANCE, C'EST AFFIRMER SA VÉRITÉ INTÉRIEURE

SANS BLESSER NI FORCER. »

CATHERINE DELORME

« Si le pôle masculin est séparé du féminin, c’est l’action froide, calculatrice, la rationalisation à outrance. Si le féminin est séparé du masculin, il devient passivité et son énergie s’épuise au bout d’un moment, car il n’y a plus de mouvement. » (Catherine Delorme) 

Chacun peut être fort ET vulnérable, réceptif ET actif, connecté à son intériorité et ses émotions ET tourner vers l’action. Loin des clichés. Chacun est unique et vit ses polarités différemment selon les moments et les besoins.

Rencontrer l’autre en étant plein de soi

Ressentir et aimer son corps, sortir des croyances cultuelles ou familiales sur ce que l’on doit faire et comment on doit le faire, créer du lien autrement avec les femmes et les hommes autour, voici quelques pistes proposées pendant la journée pour ouvrir des portes et créer de nouvelles connexions en nous.

Faire cette rencontre en soi du féminin-masculin nourrit notre être et ses besoins. C’est alors plein et satisfait et non plus affamé que nous entrerons en connexion avec l’autre. Nous aurons les ressources en nous pour entrer en action dans le monde ET entrer en lien avec nos émotions et nos besoins à l’intérieur. Nous n’aurons plus à les chercher chez un partenaire rapidement dépassé par un tel défi, compenser les creux en nous.

 

L’alliance en soi du féminin (vie intérieure, coopération, vulnérabilité) et du masculin (force, raison, action) nous ouvre la voie sur des de relation riches et équilibrées avec l’autre. 

C'est pourquoi le 28 mars 2020, nous proposons de


[1] www.larousse.fr

[2] Cette approche est valable quelle que soit l’orientation sexuelle. En revanche, nous ne sommes pas compétents pour aborder la question des genres ou de la non-identification au sexe de naissance. 

[3] https://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences/neurosciences/erreur-de-descartes_9782738124579.php


Sources :

  • DELORME Catherine, La femme initiatrice dans la relation amoureuse
  • Arundhati et Vasistha, Voyage au cœur du féminin-masculin
  • COLIN-SIMARD Valérie, Masculin-Féminin. La grande réconciliation
  • LUCAS Jacques, Tous les chemins mènent à l’homme